Les paysans partenaires

Marie-Françoise Gilbert et Bruno Grollier sont installés dans une petite ferme avec leurs trois enfants depuis plus de quinze ans : la ferme de Bellevue.
Marie-Françoise a repris la ferme familiale pour s’installer comme paysanne boulangère. Son compagnon Bruno travaille à temps partiel comme formateur à la Chambre d’Agriculture des Pays de Loire et occupe le reste de son temps sur la ferme (culture du blé, entretien des prairies, des locaux, etc.). Mais écoutons-les nous expliquer un tel choix de vie.

« Nous militons activement pour une certaine philosophie de l’agriculture. Une petite ferme comme la notre est importante non seulement parce qu’elle nous permet de vivre, mais également pour les gens qui consomment nos produits et pour la pérennité de ce mode de production dans les campagnes.
Regardons la manière dont l’alimentation des français a évoluée. A une époque les gens étaient ravitaillés directement par les campagnes. Ils opéraient en direct avec une multitude de petits producteurs. Il y avait donc un tissu rural très fourni. De nombreux agriculteurs et de nombreux producteurs travaillaient sur des fermes à tailles humaines avec très peu de matériel et très peu d’intrants (peu de produits chimiques et de pesticides). Les exploitations étaient petites mais utilisaient beaucoup de main d’œuvre.
Aujourd’hui nous observons la situation opposée : un minimum d’exploitations agricoles fournissent industriellement une grosse quantité de produits mais au détriment de leur qualité (cultures intensives et élevages industriels).
L’espace rural aurait besoin de voir se multiplier des petites fermes chez qui les consommateurs pourraient se ravitailler. Dans ce cadre, le consommateur pourrait redonner un sens à ce qu’il mange, et le producteur redonner un sens lui à ce qu’il produit. Tout le monde se rend bien compte qu’à partir de moment où les Grandes et Moyennes Surfaces font écran  entre les producteurs et les consommateurs, nous perdons toute lisibilité sur ce que nous achetons.
La logique voudrait donc que nous revenions à de petites fermes de type familiales qui soient garantes non seulement de la qualité des produits que les gens mangent, mais aussi de la qualité des rapports entre les gens, et de celle des paysages.
En tant que producteurs nous nous donnons l’obligation de préserver les paysages de notre exploitation en plantant des haies, en entretenant les arbres existants (contrairement à l’exemple des « open fields » où l’on rase tout au nom de la rentabilité y compris des arbres plusieurs fois centenaires).

Telle est notre démarche. Adhérer à notre AMAP, consommer nos produits, c’est également partager cette vue de l’agriculture. »

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