Le Conservatoire De La Race Maraîchine

Le conservatoire a pour mission de préserver la biodiversité, ce patrimoine de l'humanité, et en tant qu'éleveurs, nous nous donnons l'obligation de transmettre cette richesse génétique aux générations futures.

 La Maraîchine
Une race rustique très maternelle qui a bien failli disparaître de façon définitive dans les années 90. La race maraîchine doit sa survie à quelques passionnés qui en 85 ont reconstruit la race en partant de deux femelles qui ont été retrouvées en Vendée et des paillettes de sperme congelé de mâle car il n'y avait plus de taureaux représentant la race encore en vie. Cette reprise n'était pas suffisante pour reconstituer la race (problèmes de consanguinité). Ils ont donc aussi utilisé des races voisines (races parthenaise et nantaise). En croisant ces différents animaux, ils essaient de reconstituer la race. Ici, elle est élevée en plein air intégral, elle ne mange que de l'herbe à la belle saison, du foin l'hiver et éventuellement un petit peu de son provenant du blé comme gourmandise. Elles ne reçoivent ni vaccin, ni aucun traitement médicamenteux.
 L'élevage
Le troupeau de maraîchines (8 vaches et 1 taureau) est élevé en plein air intégral. Les animaux ne sont jamais attachés et peuvent librement pâturer. Les vêlages se font dans la nature. Les veaux restent 6 à 8 mois avec leur mère. Ils se nourrissent seuls, exclusivement du lait de leur mère et de l'herbe qu'ils pâturent (1). Le produit de ces vaches est destiné au conservatoire qui les revend à des éleveurs pour étendre le cheptel de la race.
Les mâles, quand ils sont dans le type génétique de la race, sont réservés par le conservatoire. Les éléments non retenus sont vendus à l'âge de veau, exclusivement en vente directe soit auprès des AMAPs, soit à des gens qui viennent à la ferme. Il nous arrive aussi de garder des mâles pour en faire des boeufs. Les veaux sont emmenés à l’abattoir à 6 ou 7 mois et les boeufs entre 3 ans et demi et 4 ans et demi.



(1) Contrairement aux veaux  d'élevages intensifs. Séparés de leur mère dès la naissance, ils sont   vendus à des éleveurs industriels. Le but étant d'avoir une viande la plus blanche possible ,les veaux sont nourris pendant 3  à 4 mois essentiellement au lait reconstitué. Parqués dans des cages étroites, dans la pénombre,  on ne leur donne aucune cellulose (ni herbe, ni paille, ni foin) . De ce fait les animaux ne développent pas leur estomac  de ruminant (panse, feuillet, caillette) et sont  systématiquement malades(diarrhées). On contrecarre cet inconvénient en distribuant  quotidiennement du lait reconstitué médicamenteux.

 Le conservatoire

Dans les années 80, cette race locale  mixte capable par sa rusticité de valoriser les  prairies humides et marais avait quasiment disparu puisque sa faible productivité ne correspondait plus aux exigences de l'agriculture intensive. Aujourd'hui, le pari des éleveurs de Maraîchines consiste à  sauvegarder un patrimoine biologique, culturel et environnemental tout en contribuant à la préservation écologique des espaces agricoles.

Dans l'histoire chaque terroir avait sa propre race. Il y a avait au début du 20ième siècle une cinquantaine de races bovines différentes, chaque race étant inféodée à un terroir particulier (Bleue du nord, Bordelaise, Bretonne pie noir, Froment du léon, Rouge flamande, Villard-de-Lans, Armoricaine, Aure-et-Saint-Girons ou casta, Béarnaise, Ferrandaise, Mirandaise ou Gasconne aréolée, Lourdaise, Maraichine, Nantaise, Saosnoise, etc.) – lien Internet. Avec la modernisation de l'agriculture dans les années 50, les tenants d'une agriculture productiviste, qui ont voulu répondre à la demande en nourriture de la population, ont spécialisé et privilégié des races (2 à 3 races à viande Charolaise, Limousine et Blonde d'Aquitaine, 3 races à lait Normande, Montbéliarde et Holstein) au détriment des autres. La spécialisation de l'agriculture, notamment de la production bovine, était intéressante pour la quantité, mais on a sacrifié toute une part de génétique. La génétique est importante notamment au niveau de la rusticité. Les races utilisées étaient polyvalentes. On parle de races mixtes ou de races rustiques (lait, viande, capacité à tracter des outils de travail du sol). Les maraîchines labouraient et avaient une capacité de tractage importante.
Aujourd'hui, le pari des éleveurs de Maraîchines consiste à sauvegarder un patrimoine biologique, culturel et environnemental tout en contribuant à la préservation écologique des espaces agricoles.


 

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